Darfour
Collectif Urgence Darfour
Décision imminente de la CPI : El-Béchir de plus en plus isolé PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Lundi, 09 Février 2009 18:28

Le président soudanais El-Béchir, dictateur islamiste et massacreur en chef des Darfouris, devrait savoir très prochainement ce que les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont décidé à son sujet. Au vu du dossier réuni par le procureur Moreno-Ocampo, il est probable qu’ils valideront ses requêtes et l’inculperont au minimum de crimes contre l’humanité et lanceront contre lui un mandat d’arrêt international. Le vent tourne pour le chef de l’Etat soudanais qui est en train de perdre ses soutiens en Afrique : l’Union africaine vient en effet de renoncer à tenter de bloquer la procédure judiciaire et semble se résoudre à son arrestation.

Il y a quelques jours, le 4 février très exactement, lors d’une réunion en marge du 12ème sommet de l’Union africaine (UA), les dirigeants africains approuvaient un plan visant à obtenir la suspension des poursuites que pourrait décider la CPI contre El-Béchir. Tout en haussant le ton contre le régime soudanais, auquel ils demandaient de prendre des mesures pour faire cesser les violations contre les droits humains et de poursuivre les auteurs de crimes au Darfour, ils s’étaient montrés surtout préoccupés d’empêcher l’exécution du mandat d’arrêt que la CPI pourrait délivrer sous peu contre le chef d’Etat soudanais.

Mais quelques heures seulement après avoir adopté ce plan, les mêmes revenaient sur leur décision. Les chefs d’Etat du continent africain, dont plusieurs sont également membres de la Ligue arabe, qui espéraient obtenir des Nations unies l’usage de l’article 16 régissant le CPI (qui permet de suspendre la procédure judiciaire pendant un an renouvelable) ont finalement voté l’annulation de leur précédente résolution. Le chef des bourreaux du Darfour doit désormais se sentir bien seul : il a été lâché par le tout nouveau président de l’UA, Mouammar Khadafi, par le président de la Commission de l’UA Jean Ping, par l’ex-Président sud-africain Thabo Mbeki, qui n’avaient pas brillé jusqu’ici par leur détermination à combattre la politique génocidaire d’El-Béchir. Il est également à noter que la Chine, qui ne lui avait pas ménagé son soutien, s’est faite singulièrement discrète à l’approche de la décision de la CPI.  


On relève que l’un des rares à utiliser encore l’argument selon lequel des poursuites intentées contre El-Béchir par la CPI seraient néfastes est l'envoyé spécial de l'ONU au Soudan, le Pakistanais Ashraf Qazi. Ce dernier a affirmé sans rire, le 5 février devant le Conseil de sécurité de l’ONU, que ces poursuites ajouteraient à l’instabilité de la situation soudanaise. Sans doute ce brave homme n’était-il pas au courant des derniers événements sur le terrain, comme par exemple l’offensive de l’armée gouvernementale contre la ville de Mouhajiriya qui a provoqué la fuite de plusieurs milliers de civils.